Le chêne (3)Le chêne pédonculé, Quercus robur, signifie en celtique «  arbre par excellence ».

Cet arbre a marqué notre pays et notre histoire de par sa présence. Il est utilisé depuis des siècles comme remède contre toutes sortes de maladies. Il inspire force, majesté et puissance vitale.

Grand arbre qui est commun dans les bois d’Europe, il peut atteindre 50 mètres de hauteur et il possède une couronne imposante.

Il est de la famille des fagacées et peu-être aussi appelé chêne femelle, blanc, à grappe, Gravelin, Châgne…

Il existe plusieurs espèces de chênes :

  • Quercus infectoria = Quercus canariensis Willd. Utilisé pour ses galles et le tanin « officinal »
  • Quercus robur L.= Quercus pedonculata = Quercus longipes = chêne pédonculé
  • Quercus petroea Matt. = Quercus sessilis = chêne sessile = chêne rouvre
  • Quercus pubescens Willd. = Quercus lanuginosa Thuill. Pour les écorces
  • Quercus toza Bosc. = chêne tauzin = espèce océanique = Quercus pyrenaïca

Quelles parties sont utilisées en phytothérapie ?

En herboristerie, la partie utilisée est l’écorce, de préférence l’écorce lisse des jeunes rameaux. Celle-ci est souvent gris-brun à l’extérieur, de 4 mm d’épaisseur, avec une face interne brune parcourue de côtes longitudinales.

Le chêne (2)

Son odeur est tannique quand elle est humide, sa saveur est amère et fortement astringente.

L’écorce a pris le nom de « tan », partie du chêne la plus appréciée pour ses vertus médicinales, et c’est celle des arbres âgés de 5 à 10 ans qui serait la meilleure.

Il est possible aussi d’employer en phytothérapie, les feuilles et les glands ainsi que les galles.

Les galles sont appelées pommes de chêne et désignent ces excroissances en forme de noix qui poussent sur les feuilles à la suite d’une piqûre d’insecte ( Cynips). Elles sont riches en tanins.

Il fallait en revanche récolter les galles avant que l’insecte les ai quittées, sinon elles perdraient de leur astringence.

Largement utilisées dans la tannerie, certaines de ces galles d’Alep ou du Levant, étaient très recherchées car elles donnaient au cuir une souplesse et un lustre exceptionnel.

Quels sont les constituants connus de l’écorce de chêne ?

  • Les tanins 15 à 20 % dont les OPC qui donnent le pouvoir astringent et vasoconstricteur
  • Flavonoïdes
  • Triterpènes

Pourquoi utilise-t-on le chêne pédonculé ?

Cette plante médicinale est utilisée par voie interne pour son effet

  1. astringent : qui resserre les tissus
  2. vasoconstricteur : accroît la pression sanguine ou réduit le flot sanguin localement
  3. stomachique
  4. anti-diarrhéique
  5. fébrifuge.

Les troubles digestifs

  • Pour la digestion difficile, le chêne a la propriété de faciliter la digestion, il est stomachique. Il s’agira donc de préparer une décoction d’écorce ( pas plus de 3 g par jour pour 1litre ) : faire bouillir dix minutes l’écorce, laisser infuser 10 minutes, filtrer et boire trois tasses par jour entre les repas.
  • Pour soigner les diarrhées aiguës, il faut se préparer une décoction de feuilles de chêne soit une poignée par litre. Bouillir 10 minutes, infuser 10 minutes, filtrer et boire trois tasses par jour.
  • Pour les douleurs rebelles de l’estomac : préparer une infusion de poudre de glands à raison de 3g par litre d’eau. Mettre l’eau chaude et laisser infuser. Boire une tasse sucrée entre les repas.Le chêneLes glands peuvent être torréfiés et pulvérisés : la préparation s’appelle alors «  le café de gland » ( suivre le même principe d’infusion). Il s’agira de traiter toutes les problèmes digestifs ( diarrhée, paresse digestive et la dysenterie, maladie du côlon).

Autres maladies :

  • Pour la tuberculose : suivre le même procédé de décoction, cité ci-dessus pour la digestion difficile, mais utiliser jusqu’à 5g d’écorce par litre.
  • Pour la faiblesse générale
  • Pour la transpiration excessive
  • Pour le rachitisme

On utilisera les mêmes préparation que précédemment.

Par voie externe il est utilisé pour ses propriétés :

  1. astringent
  2. antiseptique
  3. anti-inflammatoire

D’où son emploi,

  • Pour les hémorroïdes : il sera intéressant de pratiquer des bains de siège.Prendre 2 poignées d’écorce, les faire bouillir et utiliser l’eau de la décoction. Laisser infuser 15 à 20 minutes environ, à 37,5°C. Renouveler deux fois par jour.
  • Pour les fissures anales : le bain de siège a aussi tout son intérêt.
  • Pour la faiblesse générale, le rachitisme et le lymphatisme : réaliser des grands bains à partir de 15 à 20g par litre d’écorce en décoction, laisser bouillir 10 minutes. Rajouter l’eau de décoction à l’eau de votre bain.
  • Pour les troubles gynécologiques de type leucorrhées, perte blanche : utiliser les feuilles ou l’écorce. Prendre 2 poignées par litre, faire bouillir 10 minutes et réaliser des injections vaginales froides.Le chêne (4)
  • Pour les inflammations bucco-pharyngées comme les angines, stomatites, pharyngites: réaliser un décoté. Utiliser 15 à 20 g pour un litre d’écorce de chêne et laisser bouillir. Laisser infuser 10 minutes et réaliser des gargarismes.
  • Pour les inflammations cutanées de type engelures, gerçures, ulcères de jambe, impétigo, dermatoses, eczéma suintant : réaliser des pansements avec des compresses de décocté à partir de 20g de plantes par litre. Même procédé que précédemment ou réaliser des bains de pied chauds de 20 à 30 minutes si la zone touchée est à ce niveau là.

Le chêne peut aussi être utilisé en gemmothérapie. Il s’agira d’utilisé des bourgeons de chêne ( Quercus pedonculata) qui sont baignés dans un macérât glycériné pour extraire leurs principes actifs. Cette forme est employée pour renforcer les glandes surrénales :

  • Pour les maladies infectieuses
  • Pour les fatigues accompagnées d’hypotension

Avec quelle plante associée le chêne ?

  • Le noyer pour le rachitisme, la tuberculose et les usages externes
  • Le busserole pour les affections digestives et les leucorrhées
  • La ronce pour les affections bucco-pharyngées et les atteintes digestives
  • La rose de Provins ( idem)
  • Le cynorrhodon pour la fatigue générale
  • Le ratanhia pour les diarrhées et les hémorroïdes
  • La tormentille pour les problèmes digestifs, la tuberculose, les leucorrhées,…
  • La myrtille pour les hémorroïdes, les pertes blanches, les diarrhées, , la tuberculose,…

Quels sont les inconvénients rencontrés avec l’emploi de cette plante médicinale ?

Il n’en existe pas de constater à l’heure actuelle mais il peut diminuer légèrement l’absorption des médicaments «  classiques ».

A forte dose, l’effet contraire peut être obtenu :

  • irritation gastrique
  • vomissements
  • constipation

Respecter bien les indications et les doses préconisées pour en obtenir tous ses bienfaits.

En ce moment, c’est la saison de cette arbre majestueux. Si vous décidez de ramasser vous-même les parties de cette arbre pour vous réaliser ces préparations, faites-bien attention de bien repérer botaniquement l’espèce. Sinon, vous pouvez vous tourner vers votre herboriste pour acheter soit son écorce séchée en vrac mais qui peut aussi se présenter sous forme de poudre, de gélule ou de teinture, ou bien son macérât glycériné en vue de se soigner par la gemmothérapie.