La toux ne doit pas être négligée mais ne devra pas obligatoirement être réprimée. Une toux grasse ou productive est un phénomène de défense naturelle des voies respiratoires.

Qu’est-ce que la toux ?

La toux est une expiration brusque qui permet l’expulsion des sécrétions ou des corps étrangers encombrant l’appareil respiratoire.

Elle a pour but de nettoyer l’arbre trachéo-bronchique.

Le réflexe tussigène prend naissance au niveau de zones sensibles particulières ( pharynx, larynx, grosses bronches, plèvre, sinus carotidien) et stimule des tussirécepteurs qui entraînent une broncho-constriction et libère l’air à 200 mk/heure !

Elle peut-être volontaire ou réflexe.

Elle peut-être provoquée par :

  • une mauvaise déglutition
  • une émotion
  • une maladie dont elle constitue la manifestation typique ( coqueluche, laryngite)
  • de nombreuses affections de l’appareil respiratoire banales comme le rhume et l’angine ou plus graves comme l’asthme, la bronchite, la mucoviscidose, le cancer bronchique…

Elle est parfois aggravée par des facteurs environnementaux :

  • tabac
  • pollution
  • atmosphère sèche
  • changement brusque de température

Ses causes

Les tussi-récepteurs peuvent être stimulés par plusieurs mécanismes :

  • Inflammatoires : œdème, congestion des muqueuses respiratoires, sécrétions dues à une rhinorrhée postérieure, reflux gastro-œsophagien ( RGO).
  • Mécaniques : corps étrangers, lésions perturbant le passage de l’air ( anévrisme de l’aorte, bronchoconstriction de l’asthme).
  • Chimiques : inhalation de gaz irritants et prise de certains médicaments.

Les différentes sortes de toux et leurs origines

Comment les différencie-t-on ?

  • Les toux aiguës des toux chroniques ( persistant plus de 3 semaines)
  • Les toux sèches des toux grasses : une toux sèche ne ramène pas de sécrétions alors qu’une toux productive ramène une expectoration.

Les origines de la toux sèche sont :

  • la bronchite chronique après une toux matinale productive
  • l’allergie
  • le reflux gastro-œsophagien
  • la coqueluche
  • les infections rhinopharyngées
  • la grippe
  • l’inhalation d’un corps étranger qui nécessite une intervention chirurgicale d’urgence
  • l’origine psychogène

Les origines de la toux grasse :

  • une affection des voies aériennes supérieures ( pharyngite, laryngite, sinusite,…)
  • la bronchite aiguë ( phase grasse 3 à 4 jours après le début )
  • une infection bronchopulmonaire
  • une pneumopathie
  • l’asthme ( pas toujours)

Les précautions importantes

C’est un phénomène banal mais qui ne doit pas être négligé car elle peut cacher une maladie grave.

Elle devra aussi être traitée avec discernement pour éviter les risques comme la fatigue, les insomnies, …

C’est un phénomène de défense des voies respiratoires, elle ne devra pas forcément être supprimée : ceci est d’autant plus vrai pour la toux grasse ou productive qui va permettre l’évacuation des sécrétions bronchiques, que l’on va au contraire encourager par l’utilisation des plantes expectorantes et fluidifiants bronchiques.

  • Les plantes expectorantes vont provoquer une sécrétion accrue du mucus au niveau des voies respiratoires, favorise le transport muco-ciliaire donc favorisent l’expectoration ; on les utilisera avec prudence en cas d’encombrement bronchique.
  • Les plantes fluidifiantes ( une même plante peut avoir des propriétés, avec des intensités différentes !) ou mucolytiques, qui vont diminuer la viscosité du mucus donc favoriser leur drainage par la toux ; elles n’augmentent pas le volume du mucus.

Petite précision : un antitussif, au sens strict, ne s’adresse qu’aux toux sèches non productives et interrompt l’arc réflexe de la toux.

Les types de plantes pour soulager la toux

Les plantes à mucilages sont les plantes que l’on utilisera en première intention en cas d’irritation des voies respiratoires.

Par leurs propriétés émollientes, les mucilages calment l’inflammation des muqueuses et modèrent leur irritabilité.

Leur mécanisme d’action est uniquement physique : les mucilages donnent une solution aqueuse visqueuse dont l’absorption lente permet la formation d’un film adoucissant particulièrement au niveau du pharynx et du rhinopharynx.

Exemples de plantes :

  • Bouillon blanc ( Verbascum thapsus) dont on emploie les fleurs qui sont à la fois adoucissantes par leurs mucilages et expectorantes par leurs saponosides.
  • Bourrache ( Borago officinalis) : les fleurs sont utilisées pour leur effet émollient .Pour un effet sudorifique, il vaudrait mieux utiliser les tiges et les feuilles.
  • Plantain ( Plantago major et lanceolata) dont les feuilles sont adoucissantes et réparent l’épithélium altérée.

Mais aussi le Capillaire de Montpellier ( Adiantum capillus-veneris), Carragaheen ( Chondrus crispus), Coquelicot ( Papaver rhoeas), Guimauve ( Althea officinalis), Lichen d’Islande ( Cetraria islandica), Mauve ( Malva sylvestris), Pied de chat ( Antennaria dioica), Rose tremière ( Alcea rosea), Rose pâle (Rosa centifolia) et Tussilage ( Tussilago farfara).

Les plantes expectorantes et fluidifiantes aident à l’expectoration.

Le plus souvent ces plantes sont riches en saponosides et/ou en huiles essentielles ou encore en glucosinolates ( hétérosides soufrés).

Exemples de plantes :

  • Anis ( Pimpenilla anisum)
  • Aunée ( Inula helenium)
  • Bleuet ( Centauria cyanus)
  • Bouillon blanc ( verbascum thapsus)
  • Capucine ( Tropaeolum majus)
  • Eucalyptus globulus ( Eucalyptus globulus)
  • Fenouil ( Foeniculum vulgare)
  • Herbe aux chantres c’est-à-dire l’érysimum ou le sisymbre

D’autres exemples de ces plantes : Hysope ( Hyssopus officinalis), Lierre terrestre ( Glechoma hederacea), Marrube blanc ( Marrubium vulgare), Moutarde ( Brassica juncea), Pin sylvestre ( Pinus sylvestris), Primevère ( Primula officinalis), Pulmonaire ( Pulmonaria officinalis), Radis noir ( Raphanus niger), Réglisse ( Glyccyrrhiza glabra), Saponaire ( Saponaria officinalis), Violette ( Viola odorata).

Les plantes anti-tussives anti-spasmodiques par action périphérique sur les bronches sont les plantes de la toux sèche ( autres que les plantes à mucilages) qui vont interrompre le réflexe de la toux.

Elles sont anti-spasmodiques.

Certaines d’entre elles contiennent des lactones sesquiterpéniques ( alantolactone), des plantes à lactones diterpéniques ( marubiine), des iridoïdes…

Quelques exemples :

  • Aunée ( inula helenium)
  • Bétoine ( Stachys officinalis)
  • Lierre terrestre ( Glechoma hederacea)
  • Marrube blanc ( Marrubium vulgare)
  • Myrte ( Myrtus communis)
  • Pied de chat ( Antennaria diolca)
  • Plantains ( Plantago major et lanceolata)
  • Serpolet ( Thymus serpyllum)
  • Thym ( Thymus vulgaris)
  • Tussilage ( Tussilago farfara)

Ces plantes peuvent être utilisées en infusion, en sirop, en extrait fluide, et certaines en huiles essentielles pour réaliser des inhalations ou pour les incorporer à des des baumes ou encore pour les ingérer…

La forme de prédilection en herboristerie reste la tisane !

Quelques recettes de tisane pour dissiper la toux

  • Recette «  pectorale » qui exerce une action bénéfique sur l’appareil respiratoire donc béchique ( qui guérit la toux et anti-tussif) et expectorante.En parties égales de fleurs de mauve, de guimauve, de pied de chat, de coquelicot, de bouillon blanc et de violette.A raison d’une cuillère à café par litre d’eau froide soit 5g . Porter à ébullition, et hors du feu, laisser infuser 15 minutes.
  • Recette émolliente autrement dit adoucissanteEn parties égales de feuilles de mauve, guimauve, bouillon blanc et pariétaire.Mettre 1 cuillère à soupe du mélange pour un bol d’eau froide. Porter à ébullition, et hors du feu, laisser infuser 10 minutes.
  • Recette qui facilite l’expectoration ( pour une bronchite chronique par exemple )En parties égales des racines de primevère, du thym ( plante entière) et des feuilles de plantain lancéolé.Mettre une cuillère à soupe du mélange par bol d’eau froide, porter à ébullition et hors du feu laisser infuser 20 minutes. Filtrer. Boire 3 tasses par jour.
  • Recette anti-tussive ( qui limite les spasmes) pour une toux quinteuseEn quantités égales du thym ( plante entière), du drosera ( sommité fleurie), de l’éryngium ( sommité fleurie), anis ( fruits).Mettre une cuillère à soupe du mélange pour un bol d’eau froide. Porter à ébullition et hors du feu, laisser infuser 20 minutes. Filtrer et boire une tasse plusieurs fois par jour.

Conseils en hygiène de vie

  • Eviter de surchauffer les pièces : la température ambiante doit être entre 18°C et 20°C.
  • Aérer les chambres
  • Eviter les climatiseurs qui assèchent l’atmosphère et les muqueuses respiratoires
  • Maintenir un taux d’humidité de 30 % à l’intérieur des pièces de la maison
  • Supprimer les polluants si possible ( tabac, exposition aux gaz d’échappement…).Au Japon, les habitants portent des masques type chirurgicaux pour limiter l’exposition aux toxiques et en plus cela évite de contaminer l’entourage avec ces germes.

Au niveau alimentaire

  • Procéder à un allègement digestif
  • Boire de l’eau chaude
  • Eviter les produits laitiers qui favorisent l’excès de mucus
  • Consommer des bouillon de poireau et de légumes
  • Les « aliments santé » : ail, chou, oignon, carotte

L’ail est un grand désinfectant pulmonaire et il contient de l’alliine qui est une essence soufrée très antiseptique : il est donc à consommer cru en prévention.

Le chou est pectoral quand il est consommé cru ou en jus. Il contient aussi un composé soufré.

La carotte est adoucissante et expectorante. Elle augmente la résistance aux infections et l’élimination des déchets.

L’oignon est pectoral donc il est expectorant et particulièrement indiqué pour les rhumes et les bronchites.

Il a des composés soufrés.

  • Les autres aliments : le radis noir, le navet, la pomme, la poire, le citron, la figue, la mûre sauvage, le cynorrhodon, le raisin et le pamplemousse.
  • Le miel est antiseptique, antibactérien. Il contient des flavonoïdes. Il a une action expectorante et béchique. Il a des propriétés respiratoires quand il est floral : miel de lavande, de thym, de sapin, d’eucalyptus.

Les compléments santé pour éliminer la toux

  • Faire des gargarismes avec des huiles essentielles ou se faire des baumes
  • Se nettoyer le nez avec un lota ou du sérum physiologique, ce qui évite la stase des microbes.
  • L’extrait de pépins de pamplemousse
  • Les oligo-éléments : la magnésium, le cuivre, le soufre et manganèse-soufre est la diathèse respiratoire.
  • Les probiotiques
  • Les cataplasmes d’argile : de 2 cm d’épaisseur, tiède, à appliquer sur la poitrine pendant 2 heures.
  • Farine de lin associée à celle de moutarde ( 2/3 de farine de lin cuite à l’eau et 1/3 de celle de moutarde) à saupoudre sur une mousseline. Laisser en place 10 minutes à partir de la sensation de picotement.
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